Le voyageur internautique

23 juin 2017

Chroniques invertébrées en forme de "Il se croyait…"

rien

Il se croyait…

Il se croyait malin, il n’est qu’un imbécile. Il pensait avoir quelque message à faire passer, rien  de tout cela, à peine un déversement de banalités sans intérêt aucun. Du haut de sa besace pleine de ventre, il se croyait vigie à l’écoute du monde comme il va, le pauvre est tombé du mât de misaine à la première houle. Depuis il court sur le pont à la recherche du capitaine. Promeneur solitaire, il se voulait philosophe, la main soupesant le menton, le front ample, l’air inspiré, rien de tout cela. A peine un déambuleur égaré à la recherche d’une station de métro pour retrouver son chez-soi. Un regardeur qui mesure autrui à l’aune de son dédain. Par la petitesse de son esprit, il espère une dissemblance rassurante. Une dissemblance qui lui permet de s’écrier à l’intérieur de son crâne « avec son petit vélo, n’a-t-il pas l’air d’un con ! ». Au-dedans de lui, il est Napoléon face à l’Egypte, dès qu’il sort de sa maison, il n’est plus qu’un Harpagon soucieux de protéger sa cassette.

Il tient au creux de sa mémoire quelques amourettes qu’il s’évertue de claironner. Mais le soir venu, il erre reluquant par le carreau rue Pigale, de ces filles à la petite vertu qu’on expose vêtues de peu. Jamais il ne franchira le pas, de peur d’y découvrir la luxure, d’y perdre son âme et le sou qui va avec. Mes amis, ce pauvre homme, c’est la vie qui passe, c’est toi hésitant devant une religieuse opulente qui n’attend que la dent pour la croquer. Ce sont des armées de juges qui pointent un doigt vengeur sur le contrevenant. Et surtout ce monsieur, qu’on a posé sur la croix pour effrayer la meute. C’est la nation qui meurt au champ d’honneur. Ou bien une pièce que l’on tend à la pauvresse pour, à pas cher, soulager sa conscience. La vie est faite de petitesses mises bout à bout dans l’espoir de faire ainsi à l’âme une grandeur.

Mais regardez-le, d’un coup le pas s’accélère, il a de ces allures qui portent la fierté jusqu’au bout du nez. Ce n'est rien, à peine un sourire esquissé, une ébauche de parfum qui enflamme le paysage. Il ne voit plus qu'une annonce printanière au lieu d'un hiver finissant. Ainsi, le port de tête a déployé son regard au lointain. Il est un hidalgo renversant les géants qui se dressent au sommet des collines. D'où vient ce brusque revirement ? Mais de vous, belle éphémère qui avez entrouvert les lèvres. Un morceau de commencement, un bout de rien et pourtant le voici métamorphosé, il est beau comme un dieu dressé sur le mont de l'Olympe, maintenant comme un Romain il contemple son destin. Ce n'est pour le moment qu'un frôlement, qu'une brisure de fragment. Il ne mènera peut-être à rien ou bien sera tout au contraire un embrasement de folles aventures. Peu importe s'il redevient cet intrus parmi vous, au moins il est pour un instant ce coureur des bois qui ne croyait pas à la flèche qui le poursuivait en silence.


 

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22 juin 2017

Les affirmations péremptoires...

doute2

Un peu d'espoir ne saurait nuire à l'histoire !

En même temps rien n'est moins sûr...

 


 

 

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21 juin 2017

Le doute et la certitude

doute

J'ai un doute... oui, ça ne peut être que ça !

 


 

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06 juin 2017

Chroniques invertébrées (en forme de Patère)

 arabesques

 

Patère pour y accrocher les âmes

La tête épuisée par les délires sonores des ondes acoustiques, il se terre au plus près des ocres caverneuses. Le bruissement du vent jette au travers des orgues barbaresques des notes discordantes. Elles appellent de monstrueuses choses, réveillent les cauchemars bienveillants qui emportent l’homme à la pointe le jour. Ils l’emportent et le renversent, le déversent avec les nous autres. Ces feux follets qui courent sur le pourtour des arènes de pierre formant une dentelle rocheuse, fabrique d’un tissu alvéolé. Cet être frêle y retrouve ses humeurs, prisonnières à jamais de calvaires ignorés des dieux. Il est un soldat, il est une chose, il n’est qu’une humaine errance que s’arrachent les ronces, lacérant les chairs. L’écoulement sanguin nourrit les plantations carnivores  qui parsèment le vallon. Elles se sont lassées de broyer mouches noires, charançons et lucanes. L’artère de l’homme, la veine noire et le muscle cardiaque régurgitent une danse euphorique crachant par jets successifs des flots rougeoyants. L’humain sait le spectacle proche du dernier acte, il fixe son œil au sommet des orgues. Il y voit les châtaigniers, archidiacres cérémonieux attendant la fin du jugement vociféré par les dieux peuplant les fondrières. Le pauvre diable, espère encore que son nom ne soit pas prononcé, que la sentence ne tombe pas, mais l’éther se charge de lui loger le néant dans la cervelle faisant de son crâne une harpe lugubre que fera chanter le vent d’autan.

Ainsi va l’amble comme le pas du cheval quand il s’éloigne de l’homme et qu’il retrouve en terre espagnole de belles arabesques et la sauvage innocence de ses origines…

 


 

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25 mai 2017

Ivan son thé et tout son stock de café !

Ivan du thé ou bien du café...

 jattends43

Mais voici voilà, le doute me prend !

théoucafé

Musique ou bien café ! Ypogris

Alors, thé ou bien café ? YpoPASgris

 aVec lEs illUstrAtions dE mOn fèRE adORé : StéPHAne

Ivan_Refs

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20 mai 2017

Chroniques invertébrées (en forme de chemin de fer...)

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Lettre à mon chef de gare

J’habite une petite bourgade en bordure du Loir. Ma maison est aisément repérable, dernière sur la route qui sort du pays, elle est un peu à l’écart. Juste avant le passage niveau. Voici ce qui m’amène à vouloir prendre la plume pour écrire au chef de gare. Un nouveau garde-barrière vit là depuis peu, ayant pris la suite de Léonard mort bêtement d’avoir un jour oublié que pour vivre, il fallait respirer. Léonard était un être débonnaire, paix à son âme, mais qui était plus consciencieux avec son approvisionnement en spiritueux qu’avec le règlement concernant l’abaissement de la barrière qui nous protège de la collision ferroviaire. Encore une fois, paix à son âme, car de trains, il n’en passe pas souvent et la collision en ce lieu eut été fort étonnante, vu qu’à part moi, il n’y traverse personne d’autre. Nous devons cette bénédiction à monsieur l’administrateur du canton qui a soutenu un heureux projet de contournement du pays afin que le repos de ses concitoyens ne soit pas perturbé par le transporteur tout venant.

Une lettre alors pourquoi ? Que vient-elle faire au milieu de cette bucolique évocation où le paisible se marie aimablement avec la petite quiétude de mon village ? Il y a de cela tout juste une huitaine de jours, je prends ma voiture. Une course à faire au bourg malheureusement situé de l’autre côté la voie ferrée. Une urgence, un robinet qui fuit n’est pas chose que l’on peut remettre à plus tard. Le bazar ayant choisi de s’installer ailleurs que chez nous pour des raisons de contournement ne me laissait guère de latitude. Franchir ladite voie. Je grimpe dans mon auto, j’enfonce l’accélérateur jusqu’au plancher en prenant soin de ne pas passer au travers. Le véhicule a de l’ancienneté au compteur, il faut négocier avec la rouille qui utilise aussi ma voiture pour ses transports chimiques. Heureusement, le bolide n’a plus toutes ses bougies, les pistons sont encrassés et la culasse a perdu un morceau de son substantif et par conséquent ne fait plus joint. Ce qui fait que l’on peut me voir et me sentir arriver d’une bonne lieue voir deux. Debout sur la pédale de frein, hurlant à l’assassin, je réussis tant bien que mal à stopper le bolide à quelques millimètres de la barrière blanche cerclée de rouge qui s’abaisse à mon nez. A moins que ce ne soit l’inverse.

Le garde-barrière bien à l’abri derrière sa casquette, les bras croisés observe la scène d’un regard amusé. Je descends, m’approche de la limite délimitée par la voie et le balancement des tringlettes. Je demande poliment qu’il remonte la barrière. Le représentant de l’administration me donne une réponse négative ferme et définitive. La moutarde me monte au nez, ainsi que le niveau d’eau dans la salle d’eau qui pour une fois porte parfaitement son nom. « Pourquoi ! » asséné-je du haut de mon mètre quatre-vingts. Le mètre soixante, à peine, m’explique de sa petitesse que l’express est en gare et qu’en conséquence, le règlement est formel : la barrière doit être baissée afin d’éviter tout risque de collision. Il me semble qu’à cet instant, j’ai peut-être perdu toute contenance.

- Express de mes fesses, la micheline passe péniblement le trente kilomètres heure et encore par vent d’Ouest. En plus, elle quittera son emplacement que dans une bonne quinzaine de minutes. Et encore, si le chauffeur est derrière son volant !

- Premièrement, ce n’est pas un volant, mais une manette et deuxièmement le règlement, c’est le règlement.

.../...

suite téléchargeable en cliquant sur LE LIEN

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03 mai 2017

Deuxième chronique du bathyscaphe : Interconnexion bouquinshimechan

 

bathys2

Interconnexion bouquinshimechan

http://bouquinshimechan.canalblog.com/archives/2017/03/16/35053661.html#comments

Rien ne correspondait à la description, un instant, j’ai cru m’être trompé. J’ai manœuvré pour ne pas accoster en tentant un arrimage au Proxi le plus proche. Malheureusement pour moi, je n’ai pas encore assimilé la navigation à vue. Une bordée neutronique m’a jeté sur le rivage. Heureusement, le jaune de l’ensemble de la page était un sable doux et agréable. Je me suis extirpé de l’habitacle péniblement. A cause du choc, tout ce qui n’était pas verrouillé, c’est déversé sur le sol. Lors de mon prochain départ, je prendrais soin de tout bien ranger et mettre les crochets aux portes de placard. C’est en voyageant qu’on apprend le déplacement.

Une fois sur le sol, bien campé sur mes jambes, je suis tombé sur mon cul. L’orientation virtuelle de mon compas n’avait pas été remise à jour. Son influence sur mon corps reste active même hors du bathyscaphe. Une chose à laquelle il me faudra être attentif, une de plus. C’est en me relevant péniblement que j’ai réalisé qu’il y avait une jeune fille en robe rouge. Tout près d’elle, un œuf dont le dessus avait été endommagé. Je réalise alors la conséquence de mes actes. Je décide de l’interpeller, car ses yeux étaient fermés, elle ne m’avait pas encore remarqué.

- Excusez-moi heu… ?

- Him Chan ! pour les voyageurs qui voyagent n’importe comment !

- Désolé pour l’œuf, je ne voulais pas l’abîmer !

- Vous n’y êtes pour rien. C’est moi.

Je poussais un ouf de soulagement, tant j’étais apeuré d’avoir pu contrarier cette jeune inconnue.

- C’est comment votre nom ? dit-elle d’une voix fort assurée à laquelle je ne m’attendais guère.

- Luka.

- Luka… ne seriez-vous pas un voleur ? Car si tel est le cas, sachez que je ne les aime pas !

- Qu’est-ce qui vous fait penser une chose pareille ? osais-je questionner tout en sachant très bien à quoi elle faisait allusion.

- Ce module de voyage n’est pas le vôtre et il faut de ce pas le rendre à qui vous sav…

Malheureusement, la discussion fut interrompue brutalement. Ce maudit compas que j’avais laissé en mode automatique n’en faisait qu’à sa tête. La toile fut secouée brutalement, et deux plumes rouges s’envolèrent. Mais ce ne fut pas tout. Une autre conséquence en découla. Le rayonnage sur lequel était installé une grande quantité de livres se mit à incliner dangereusement.

- Attention à vous, Him Chan !

Mais elle ne m’écoutait pas, et semblait indifférente à tout ce remue-ménage. Inspirant profondément, je tentais de répéter ma mise en garde, bien plus fort, mais je n’en eu pas le temps. Déjà, une bordée de livres se déversait sur ma tête. Suivi d’une deuxième bien plus puissante, venant exercer une pression imposante sur ma cage thoracique. Je fus obligé de reculer sous le poids de la force contraire. La jeune fille m’observait d’un œil étrange. J’essayais une nouvelle fois de m’adresser à elle, mais cette tentative fut sans succès. Quatre livres se relayaient pour me taper sur le dessus de la tête, pendant que les autres s’attaquaient à mes tibias. Pas d’autre solution que de battre en retraite puis de regagner le bathyscaphe afin de décamper au plus vite. A peine ai-je le temps de grimper à bord qu’une onde neutronique arrive et me submerge, moi et mon vaisseau.

Une chose est certaine, en ce lieu de villégiature, il y a du changement. Il me sera nécessaire de réétalonner ma carte de navigation. Et penser à neutraliser ce compas de malheur. Car crénom d’une pipe, que va-t-elle penser de moi, cette charmante personne ?

prochaine chronique : retour à la maison !

 


 

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23 avril 2017

Chroniques du bathyscaphe

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Première Chronique

Je me suis décidé à remettre en état le bathyscaphe. Il m'a fallu aussi apprendre le fonctionnement de cette machine à connexions. C'est aujourd'hui ma première sortie. Un petit nœud au ventre, je vous le concède, me voici devant la table de navigation. Le compas indique d'anciennes coordonnées. Je ne vais pas tenter le diable, j’opterai pour une route balisée. Il me semble qu'il est facile de s'égarer sur la toile neuronique. Lorsque j’ai pénétré dans cette machine pour la première fois, j’y ai trouvé le carnet de bord du Voyageur Internautique. Il est rempli de codes incompréhensibles qui font état de ses pérégrinations. Ma première mission est d’essayer d’y voir plus clair. Je pense qu’en marchant dans ses pas, je vais pouvoir intégrer certaines variables qui livreront une partie du contenu.

Les coordonnées de la première destination sont maintenant dans la boîte. Avant de lancer le protocole de connexion, je vais faire un dernier tour dans l’intérieur du Bathyscaphe. La clarté orangée de la lampe-tempête au départ ne m’était pas très agréable. J’avais cette impression de n’y rien voir. Depuis, ma rétine s’est accoutumée et puis j’aime l’odeur du pétrole qui se consume, elle se mêle aux effluves du moteur qui remontent du plancher. Une question me taraude l’esprit : comment le Voyageur a-t-il pu rendre cette ambiance aussi réelle ? Par exemple quand on abaisse la porte du roof, le petit bruit du bois qui grince en coulissant dans son logement est si réel qu’on en vient à craindre que cela ne coince.

Ce que j’aime le plus, ce sont les bannettes avant. Elles se rejoignent pour former un angle aigu en suivant le pourtour de la cloison. On y est très mal installé, mais il y a une quiétude apaisante qui fait se sentir comme à l’intérieur du ventre d’une mère. La hauteur de ce logement minuscule fait qu’on ne peut s’y tenir debout. Il faut pénétrer courbé en deux et surtout ne pas se relever jusqu’à la position allongée. Quand on accroche la lampe-tempête au plafond, le balancement est parfaitement imité, au point qu’on attrape facilement le mal de mer. Très vite, il faut fermer les yeux et faire semblant de s’endormir. Le plus étonnant, c’est qu’on finit par dormir vraiment.

Ce qui devait arriver, c’est produit, je me suis assoupi sur la table de navigation. Le temps d’avaler une tablette nutritive et je lance le manomètre d’interconnexion. Je n’ai pas encore bien saisi comment on gérait les PROXIS, j’ai opté pour l’automatisation du volant orientable. Il a une fonction manuelle qui est conseillée uniquement quand on a l’habitude de la navigation à vue. Mais cela impose d’être à l’aise avec les flux neuronaux et les trains d’ondes énergétiques. Sous les feux à gaz articulés, important quand le bathyscaphe balance de bâbord à tribord lors des embardées, il y a une petite trappe. Il y fait une fraîcheur suffisante pour les boissons. J’avale ma bière tout en enclenchant le processus.

prochaine chronique : Interconnexion bouquinshimechan

 


 

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14 avril 2017

Chroniques invertébrées (ipéyennes)

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92.189.7.93.rev.sfr.net

Une question s’impose : Qui êtes-vous 92.189.7.93.rev.sfr.net ?

Je ne peux que me perdre en conjectures. D’abord, ce numéro qui ne ressemble à rien de connu. En tous les cas, par chez-moi. Ce n’est pas un numéro de téléphone encore moins celui d’une carte bleue. Je ne vous connais pas et peut-être vous faites partie de ces âmes charitables qui distribuent sans compter le fond de leur porte-monnaie au grès des pauvres qu’ils croisent. Mais de là à pousser la courtoisie jusqu’à me laisser votre numéro de carte bleue afin que je me serve de votre compte en banque comme une alternative au mien, il y a une marche qui n’est plus celle d’un escalier, mais plutôt d’une pyramide égyptienne.

Non, je n’y crois pas. Je vous sais par avance aimable, puisque vous avez accepté de perdre quelques précieuses minutes pour vous intéresser à mes élucubrations internautiques, mais une fois encore, c’est rigoureusement impossible. Et puis dans ce cas, il manque les trois chiffres qui sont derrière la carte, inscrits en tout petits, sur une sorte de bande blanche. Si, si, regardez bien…

Il reste la suite, tout aussi énigmatique. Tout d’abord ce « rev », est-ce une promesse ? Ce à quoi il faut se préparer lorsque l’on vous croise. Une évocation onirique qui nous emporte si loin de nous qu’il ne peut s’agir de rien moins que d’une rêverie. Quelle jolie promesse, et qu’il vous faudra tenir. Est-ce un voyage en terre inconnue ? La rencontre interdite dans une cité du même nom ? Que de questionnement vous suscitez en moi, ami ou bien amie, car rien n’est dit de votre sexe dans ce numéro d’escargot. Vous voilà donc à tour de rôle, femme puis homme, ou bien entre deux ou même les deux. Vous nourrissez en moi de ces fantasmes cachés que l’on ose évoquer sur la place publique aussi, je me dépêche de quitter ce paragraphe ambigu pour aller faire un saut dans le suivant.

Sfr, point n’est besoin d’un dire plus. Il s’agit là de cette entreprise de communication. Mais permettez-moi toutefois de la saluer bien bas. Une révérence courtoise sans l’ombre d’une ironie. Sans elle, je ne serais même pas une virtualité, tout au plus un illuminé qui jette les mots par la fenêtre de sa cuisine afin que la poubelle s’en nourrisse. Et je la sais vorace. D’ailleurs, elle ne partage pas mon point de vue sur votre venue, cela va de soit, et donc, elle ne vous salue pas, et vous considère en ennemi de la feuille déchirée. D’ailleurs, puisque nous évoquons ma poubelle, permettez que je vous donne de ses nouvelles. Sachez que sa maigritude fait peine à voir. Je sens qu’elle frise l’anorexie. Connaissez-vous un psy quelque chose qui puisse aider ma pauvre poubelle ? L’amour que je lui porte ne suffit plus à la rassurer sur l’incertitude du lendemain de la correspondance abandonnée. Je sais bien, je pourrais en écrire certaines, volontairement de qualité médiocre pour les lui offrir. N’allez pas croire que je n’ai pas essayé. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas plus mauvaises que les autres.

Pour terminer cette chronique, invertébrée à souhait, il me faut m’inquiéter d’une chose. Ce « net » pour tout dire m’effraie un peu. S’agit-il d’une façon de couper au plus court, comme la guillotine lorsqu’elle étêtait gaiement le malfrat pris sur le fait ? La netteté m’a toujours effrayé, je préfère de loin le flou, l’incertain. La rectitude me rend morose. La clarté, me va un temps, puis très vite, il me faut un brin d’ombre pour m’échapper. M’y tapir et discrètement m’effacer et retourner d’où je viens : à l’anonymat.

Un grand merci à toi, visiteur, qui par le plus grand des hasards, a poussé ta promenade jusque dans mes contrées virtuelles.


 

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05 avril 2017

Au nom de la loi…

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Au nom de la loi…

Comme d’habitude, le chat me tournait dans les pattes, c’était l’heure de sa boîte. Armé d’un couteau (la machine électrique a rendu l’âme), je m’attaque à la chose cylindrique quand tout à coup, le téléphone sonne. La boîte ripe, valdingue et finit par rebondir sur le dos du chat qui décampe en miaulant. Une façon de me dire, le pâté, c’est dans une petite coupelle et sans la boîte qui va avec. De mon côté, j’insulte à tout-va, car je me suis entaillé la main. Le chat fait profil bas puis s’échappe par la chatière électronique. Le progrès de la puce à chat élimine enfin les intrus qui viennent jusque dans nos coupelles égorger nos croquettes. De son côté, le chat est peu enclin à l’ovation du progrès vu que la chose électronique s’est refermée sur lui un jour de pluie. La pauvre bestiole a dû patienter sous le déluge que Noé lui fasse une place sur son arche. Comme il n’est pas venu, je pense que depuis, le chat a des doutes quant au plan divin.

Mais aujourd’hui, là n’est pas le sujet, laissons les intrus se faire à l’idée du mur à condition d’être du bon côté, cela va de soi…

Le sujet, c’est Bachir, l’enquiquineur de service. « Allô, je peux te déranger cinq minutes ou bien, je tombe mal ? » Je ne sais pas comment il se débrouille pour toujours arriver à pic avec les emmerdements. J’y réponds que oui à la première question et que non à la deuxième, mais à condition qu’il me laisse un peu de temps, je dois d’abord m’occuper de ma main.

Une fois l’urgence renvoyée à plus tard, je peux enfin l’écouter sereinement tout en cherchant ma boîte de pâtée pour chats.

- Figure-toi que je travaille avec un grand gars qui a mis en scène la question de la loi. 

La loi, c’est le grand truc de Bachir. Une histoire de tiers intercesseur entre la maman et le papa. Un truc en forme de phallus qui vient couper court à l’amour maternel quand il se fait trop pressant. Il y a aussi quelque chose autour du miroir et du petit « a » auxquelles je ne comprends pas un traite mot. Je n’ose pas le dire à Bachir sinon il me refait toute la démonstration, à laquelle il ajoute des explications mathématiques : des grands A et des miroirs qui se regardent en chiens de faïence. Et les mathèmes. Me demandez pas ce que ça représente, je crois qu’en réalité personne n’y comprend rien...

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