Le voyageur internautique

16 novembre 2018

Le concours des Micro Nouvelles

Avec l'ami Jean Yves on a con couru mais on n'a pas couru assez vite !

Moralité c'est pas nous qu'on a été choisi !

résultats sur le site de Radio France :

Voici nos micro nouvelles :

Les deux de Jean-Yves ZIMMERMANN

FIN

Un matin ton radioréveil est devenu dingue. Toutes les stations sont en portugais, tu ne comprends rien. Tu allumes la télé, zappes comme un malade, toutes les chaînes diffusent le même programme : fado sirupeux et  images d’océan houleux. Tu sors dans la rue et les gens auxquels tu t’adresses te regardent gravement et ne répondent pas . Tu avises une supérette, y entres, il n’y a rien à manger. Le caissier baraqué t’indique la sortie. Tu meurs de faim et de soif. Le vent est froid, tes doigts sont gourds. Tu rentres chez toi, la porte de ton appartement est fracturée, il règne un bordel indescriptible, tout est sans dessus dessous. Une migraine t’enserre le crâne, tu te couches sur ton lit sale, il y a des courants d air glacés. Dans un demi-sommeil tu aperçois des soldats qui défilent dans la cuisine, tu  veux te lever et sombres dans l’inconscience. A ton réveil tu as un goût de sang dans la bouche , tu vois ta joue du coin de l’œil tellement elle est enflée. La pulsation de la douleur est à contretemps des hurlements gutturaux du radioréveil. Tu crois que c’est du biélorusse hurlé. Tu regardes par la fenêtre la neige qui tombe sur le nouveau monde que tu habites depuis que tu es mort.

Le nouveau monde

Le monde nouveau, on n’y rigole pas du tout. Il faut bien se tenir. Il faut tout prendre au pied de la lettre. Les double-sens et les ambiguïtés ont laissé la place au prosaïsme le plus terre à terre. Pas de parabole à part celles des télés, sur des maisons carrées pour laisser les chiens assis aux canidés immobiles. Personne n’est vraiment heureux, bonheur est réservé aux aurores frileuses. Pas de malheur non plus, privilège de Gustav. Piquer un jeton ne rime à rien hors casino, se bourrer la gueule est très douloureux, s’éclater est impensable, même sans perspective de satisfaction il faut se retenir de broyer du noir. Je me console en réduisant la police.

Et les deux de ouame :

J'ai fait un rêve 

Mais ce rêve est immonde. Dans la nuit court une hermine. Plus loin dans un fourré se terre le mulot pendant que le vol de l'épervier déchire la campagne. C'est un rêve qui se perd au fin fond des bois, là où la lumière baigne la clairière. On y découvre un tumulus, façon de ventre que le gazon illumine. Plus loin, allongée sur l'humus, les mains derrière la nuque, une fillette. Dans le ciel d'un bleu fiévreux, elle devine le langage des nuages. Un filament les relie  esquissant un lettrage qui décroche les voyelles. Le verbe se désunit de la virgule et les mots arrachent la chair même du récit. L’enfant effrayée veut fuir ce piège de terreur que les loups ont inventé pour nourrir sa crédulité. Surgissant de la terre d’affreuses racines se saisissent d’elle et l’enfouissent. Elle hurle de frayeur. L’œil exorbité, elle se débat, jetant les bras en l’air. Son souffle court est à peine audible. La suffocation.

Quel esprit débridé peut oser inventer ces histoires abominables animant les tristes somnambules qui vagabondent dans les esprits malades ?

Le nouveau monde.

Comme d’habitude, Paul y pénètre par le sas d’accès. Dans ce monde étrange, pas de meuble ni de machine à café ou de plaque de cuisson. Encore moins un frigidaire. Paul transpire à grosses gouttes, comment en est-il arrivé là ? Il ressasse  les  étapes de sa déconfiture. D’abord Marie-Brigitte. Quel prénom ridicule. Elle disparaîtrait un jour de printemps, il l’avait toujours su. La prémisse des évènements qui allaient le conduire dans le nouveau monde. Un  univers évidé où tout est à réinventer. Lucien l’avait pourtant prévenu avant de s’éclipser, lui aussi. « Ton idée est mauvaise, et puis où vas-tu trouver les fonds pour une telle entreprise ? » Au départ, il n’était pas seul. Quatre co-équipiers, fiers, sûrs d’eux, des conquérants. Un physicien, un investisseur, un informaticien, et lui-même diplômé de Saclay. Un constat s’imposait : il avait échoué, là. Et maintenant, tout réapprendre. L’épreuve de la subsistance, de la survie, cuire, conserver, se loger, dormir. Dans ce nouveau monde. Celui laissé par les huissiers…

 

 

 

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14 novembre 2018

Au Château

 

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Au Château

Figurez-vous qu’il existe un Château, installé sur un promontoire en pleine campagne. Comme il est fier. « La belle affaire ! ». Je vous entends. Mais… il y a un mais. Au Château, au temps où ce bâtiment n’était qu’une simple ferme, les gens avaient cette habitude idiote de se croire libres et de proposer ce que bon leur semblait. Cela donnait matière à discussions, à empoignades, à de nombreuses envolées lyriques dignes de la Castafiore dans ses meilleurs moments. Depuis, les habitants du Château avancent singeant la dignité d’aréopages ventripotents qui s’en vont à la rencontre de l’Empire. Ils y vont petit à petit, car à marche forcée, cela  susciterait grande méfiance, force révolte et quelque foutoir, ce dont personne ne veut. Pas même celui qui œuvre à la base de l’édifice. Pas fou, il tient à son établissement. Bref, finis ces temps de tumulte improductif et non rentable. Ceux qui œuvrent n’ont plus qu’à œuvrer dans le respect des experts. Experts qui pensent à leur place des solutions destinées à d’autres qui eux par contre ne sont pas consultés. C’est la politique du Château.

Depuis qu’il est devenu Château, le Château pense en termes de « je » ou bien de « on ». «  J’ai décidé que… » ou bien « On a pensé que… » Cela depuis que papa et maman en ont pris la charge et qu’ils ont tancés les marmots indisciplinés qui avaient pour fâcheuses habitudes de décider par eux-mêmes. Rentrés dans le droit chemin, après une bonne fessée déculottée qui leur a ôté l’envie de prendre la liberté de se croire importants, les « nous-autres » n’ont plus qu’à parloter de ces choses idéales que papa et maman leur apportent sous forme de nourriture prémâchée. La vie est belle à Clos Joli - oui ce Château, depuis qu’il a été promu Château, a reçu un nouveau nom - on y parlote de choses décidées ailleurs, choses inutiles, mais qui occupent l’esprit et font passer le temps. Bref, on y machine pour le plaisir de machiner. Ah ! Je vous attends à nouveau « A quoi sert une telle bâtisse ? » A presque rien, voici la réponse. « Pourquoi à presque rien, cher raconteur d’histoire à dormir debout ? » Parce que les « nous-autres » continuent d’avoir la volonté de bien faire leur travail. Et aussi parce qu’ils ont cette intelligence d’apporter encore quelques idées novatrices. Je vous entends à nouveau « Pourquoi ce laïus alors ? » Pour vous faire part d’une idée. Ne vaudrait-il pas mieux apprendre le silence et laisser le soin de deviser tout seul à ceux qui pensent à la place du monde. Ainsi les « nous-autres » feraient silence laissant ces messes s’emplir de résonances pompeuses rendant ces grands édifices aussi inutiles qu’arrogants. Les « Nous-autres » apprendraient à ne parler que quand il s’agit d’un « nous » agissant, posant comme préambule cette forme introductive « Nous, ici réunis, décidons que… » Je sais, il y a grand risque de voir disparaître ces étonnantes formulations datant d’une période que « nous » n’a pas connue, ou à peine entendu parler. Peut-être est-il temps d’apprendre le silence quand la machine qui machine ne broie que du vent et des inutilités qui n’intéressent que les ventriloques et les pétomanes.

chateau

A bon entendeur…

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27 septembre 2018

Ivan est ENCORE tout carré...

mAIS L'oLivIeR ne l'ESt pAs !

Petit correctif, le bon numéro CARRé
est celui-ci :

 jattends51_bis

Et Moi et MOi j'y sUIs Zôssi Là :

 

squarre3

 Ivan_Refs

 

 

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03 septembre 2018

Ivan est tout carré...

Un petit coup de pub pour le carré d'Ivan

jattends51

Et une petite contribution personnelle sur la question carrée :

squarre3

Carré de têtes

Inimitable retournement de la tête au carré où la passion des idées à angle droit court après la direction.

Pré carré

Empilement herbeux qui multiplié par lui-même donne une meule de foin.

Carré frais

Me rappelle ces souvenirs cantiniers où roulent les petits pois sur de tristes tables inclinées en attendant les aigreurs orthographiques, suivies de renvois grammaticaux.

Le carré

Etirement sans fin d’une suite de coins que les bonnets d’âne empalent sur de pauvres segments oubliés par les mystères arithmétiques.

Décarrer

Synonyme de décamper, mais à cause des pavés et non des campements ennemis.

Carré Hermès

Mouchoirs destinés à de vieilles fesses que la finance honore, dédaigneuse et hautaine.

Il ne fut jamais noir par peur d’avoir à décaner pour le grand soir.

Il ne sera jamais rouge, par crainte de finir dans la boue.

La somme des carrés

Rappelle souvent le dialogue des péripatéticiens avant que Pythagore ne s’occupe d’opposer les sinus à la grande diagonale du fou.

Elevé au carré

A toujours été mal compris par les éducateurs. De là, vient la confusion avec les lits du même nom que la passion des corps a délaissés pour y coucher la haine de soi et l’amour d’un fusil.

Le carré des officiers

Est un lieu de nausée où l’intelligence a rendez-vous avec la mort.

Carré magique

Dont le seul tour de passe-passe est de faire disparaître les enfants et leur sourire ébahi pour le remplacer par la danse macabre que N. Kaldor exécute pour les imbéciles qui croient encore que la finance est ruisselante.

Carré de l’Est

Est une organisation odoriférante qui achève les frigos et impose une crainte féroce aux Américains. Quant à l’Ouest, rien de nouveau… Sinon un fromage central.

Origine du carré

Il faut remonter à l’Australopithèque. A cette époque de la lointaine histoire que l’on nomme par erreur près-histoire, l’économie était basée sur la collectivisation des biens. Est arrivé l’homme de Néandertal, avec son air con et débonnaire. Sur le sol, à l’aide d’un bâton, il a dessiné un cercle, y a planté un pieu au milieu et y a attaché un mammouth, le dernier, pour qu’il broute en paix. Le rayon étant trop grand, le mastodonte a bouffé le bonhomme. Sur l’instant, l’Australopithèque a trouvé cela très rigolo. Mais bêtement, pour des raisons neuronales, l’idée a très vite été oubliée et perdue pour les millénaires suivants. Vint alors Homo Sapiens. Tout le monde se foutra de lui et de ses tendances jusqu’à l’invention de la Gay Pride. Mais pour l’instant, avec un autre bâton, il trace sur le sol quatre traits et propose à chacun d’y ranger ses silex et son bordel puis d’y ajouter toute sa famille. Il choisira d’appeler cet endroit carré à soi. Plus tard, bien plus tard, un certain Marx - Karl Mark, à ne pas confondre avec son homonyme Brothers, Marx Brothers - le renommera propriété privée. Une nouvelle fois, l’idée amusa monsieur Pithèque*. Depuis, personne ne sait exactement la raison de l’extinction de cette espèce d’Homo Non-économicus. On pense qu’il n’a pas su s’adapter.

* Diminutif utilisé par l’homme nouveau lors des rencontres mondaines. Ce diminutif n’est plus guère utilisé que dans les cercles de paléontologues après un certain nombre de bières.

TOTALEMENT...

square

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01 septembre 2018

Sixième Chronique : Une rencontre

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Première partie : des mots d’ailleurs

Je filais à bonne à allure. Du moins, j’avais cette sensation. Portant le regard au lointain tel un capitaine de frégate, j’avais fière allure. Les ondulations de la Toile, défilaient à bonne vitesse sous le Bathyscaphe. Une ondulation, dans un champ de réseaux neutroniques, ne permet pas de savoir s’il s’agit de l’ondulation qui se déplace ou bien vous ? Voici ma nouvelle leçon : ne pas se fier au mouvement apparent ! Mais revenons à notre voyage Internautique. Donc, l’œil fixé sur l’horizon, je scrutais. A force de scruter, je ne voyais plus que ce que mon esprit imaginait, déposé là, sur l’ondoiement. Je rêvassais, accoudé au bastingage. Les îlots de connexion défilaient devant moi, rien ou bien peu de choses de vraiment intéressantes à mes yeux : un livre ensablé, une revue linéaire et quelques alphabets inutiles. Donc je rêvassais. La surprise vint par bâbord. Un premier mouvement, lent, suivi d’une embardée. Puis la route. N’étant pas habitué à ce genre de déplacement, un temps d’adaptation me fut nécessaire. Malheureusement, trop long. Perte des repères, genou en terre et un pas. Suivi d’un pas encore. J’ai ouvert l’œil, le droit et l’ai entraperçue : la danseuse étoile prisonnière d’une feuille-morte que les vers avaient déchiquetée. Les nervures nourrissaient son cœur d’une sève appauvrie. Pourtant, la danseuse persistait à tournoyer avec grâce sur elle-même émettant un scintillement à occultation. Etait-ce ce mouvement de lumière qui avait guidé mon embarcation jusqu’en ce lieu ? L’automatique a cette élégance mécanique de ne rien dévoiler de sa logique interne au néophyte que je suis. J’ouvris l’œil gauche. Et là, une blancheur aveuglante, spectrale comme la neige. Ne s’agissait-il pas plutôt d’un désert, parsemé d’épineux ? L’un d’eux s’agrippa à ma cheville pour me pénétrer profondément. Avec la dextre, je tentai de l’ôter. Erreur cruelle, car les épines s’attaquèrent à mes doigts. Je relâchai immédiatement la pression exercée sur la plante. Muni de deux cailloux afin de la coincer, j’arrachai le méchant végétal et le jetai au loin. Etonnamment, avec la boule épineuse, je jetai aussi ces pensées mauvaises qui rendaient chaotique le chemin de la vie. Je marchai alors sans but, sur la route blanchie par le ciel de traîne, sur ce chemin qui m’effrayait par d’atroces visions transparentes. C’était avant. Et sur la route blanche, je me mis à vivre en poésie. Emporté par mon élan, je basculai sous terre, au cœur de la nuit où d’étranges obsessions forgeaient un néant enfin à ma portée.

M’étais-je assoupi longtemps ? Je ne saurais le dire. Les coups répétitifs frappés sur la coque finirent par m’extirper de ma rêverie. L’heure locale indiquait 13 heures 20. Si j’avais dormi, je l’avais fait durant une dizaine de minutes, à peine. D’ailleurs, la fatigue revint très vite pour s’acharner sur moi. Au plus mauvais moment. Les manœuvres pour aborder ce Proxi inhabituel allaient nécessiter une grande précision. Tout d’abord, se fixer sur une ondulation de faible amplitude, mais avec un réseau à fréquence élevée. Une fois l’onde calée sur l’oscilloscope, je me penchai au-dessus du bastingage afin de la harponner. L’accélération fut soudaine, heureusement, j’avais pris soin de fixer mon harnais à l’anneau de sécurité. Le Proxi arrivait à grande vitesse, je me précipitai vers le tableau de bord. Ayant oublié de désarmer mon harnachement, au moment de me jeter dans les escaliers, je fus happé en arrière. Bêtement, je me mis à hurler pour effrayer la bête immonde qui se précipitait sur moi pour me croquer tout cru. La seule bête immonde n’était que moi-même et mon harnais. Le temps d’ôter la sécurité, il était trop tard. Le Proxi se précipitait sur le bathyscaphe projetant une nouvelle onde qui superposée à elle-même devenait dangereuse. Le vaisseau serait ainsi jeté par-dessus le Proxi pour s’y éventrer, puisque l’ondulation brisée, arrêterait net sa progression. Ne trouvant pas d’autre solution à ma détresse et à mon incompétence, je fermai les yeux. Si seulement j’avais pris soin de lire les instructions concernant mon arrimage, j’aurais pu noter qu’il s’agissait d’un Proxi nouvelle génération. Le bathyscaphe fut pris en charge de manière automatique par un Reboot. Mon navire et moi accostâmes délicatement à l’embarcadère. Un élément n’avait pas été pris en compte par mon esprit soumis à rude épreuve : le Reboot ne concernait que le système de navigation et le véhicule associé. Donc, nullement mon cerveau. A peine le pied posé sur le quai, je me vis projeté en l’air, jeté comme un malpropre sur le sol, puis broyé contre la pierre pour finir éventré par l’antenne d’appontage du Proxi. « Je me vis », l’expression était à prendre au pied de la lettre. Car seule mon imagination fonctionnait à plein. Une fois mon esprit recouvré, je découvris que je n’avais pas bougé d’un millimètre, debout sur mes deux jambes, les mains dans le dos, l’œil fixé sur l’horizon.

Prochaine chronique : une rencontre (deuxième partie)

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22 juillet 2018

Ivan des poésies à tour de bras...

Manifeste pour une poésie d'Ivan

jattends50

De la poésie par émotion interposée en collaboration avec
Marie Bazin.
Un grand merci à elle pour cette rencontre improvisée.

 marie_im1

création de Marie Bazin
site : http://www.mariebazin.com/

De la poésie à la Chéri-Bibi  !

 

poésie_crime

Une poésie fraternelle et nuageuse, en collaboration avec
Mon pôti frère adoré !

nuages_stéph

Et un gros bisou à toute la confrérie...

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07 juillet 2018

Cinquième Chronique : proxi Squid

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Cinquième Chronique : proxi Squid

J’étais empêtré dans les cordages, je crois que c’est parti de là. Un proxi scopait dru au milieu de la toile en agitation neutronique. Lorsqu’on approche d’un proxi, c’est inévitable. Voici ma première découverte. Le Bathyscaphe faisait des bons en l’air, quelquefois en forme de pirouette. Ce trampoline de fortune rendait improbable l’approche du gyrophare à occultations. Quatre éclats, un codex, deux éclats, un EMP. J’ai mis un peu temps à comprendre qu’il fallait se fixer sur les EMP : Entering Passive Mode. Ce sont les autorisations de connexion délivrées par le Paddle Boat. J’ai aussi compris que le Paddle Boat était un incontournable pour accéder aux connexions. J’ai tenté au hasard de lancer un ancrage chez Hime-Chan pour accrocher Sa Majesté des Mouches. L’idée n’était pas très bonne, pas d’adressage, mais j’ai pu approcher suffisamment le Proxi, et dans la descente vertigineuse du bathyscaphe, jeter un cordage. Il a pris le sommet du Gyroscope. La stabilisation a été immédiate. S’en est suivi la déconstruction rapide de la structure de l’habitacle. J’ai ouvert la trappe d’accès en cas de perdition, j’ai pénétré à l’intérieur du Proxi. Un Proxi de type Squid. Ce sont les plus perméables à l’influx du réseau. Par l’échelle de secours, je me suis glissé dans l’orifice ouvert à mes pieds. La difficulté a été de penser à l’envers. Les jambes en l’air, la tête en bas, pour monter des escaliers, il faut les descendre. Lever un pied, c’est accepter l’idée qu’il faut l’abaisser. Je devais inverser toutes les commandes de mon cerveau. Mais en procédant ainsi, j’ai accepté la domination du codex sur mon organisme. A cette unique condition j’ai pu circuler à l’intérieur du Proxi. J’ai suivi un long couloir en avançant à reculons. Soixante-dix pas plus loin, donc plus près, je me suis retrouvé à la base d’un autre Proxi. J’ai souhaité remonter par son échelle de secours, uniquement pour découvrir si le lieu me permettrait de sédimenter le Bathyscaphe. Il a été nécessaire de réapprendre à mon cerveau ce que marcher à l’endroit voulait dire. Vous n’allez pas le croire, mais c’est bien plus difficile. Depuis, j’ai encore cette impression de fonctionner à l’envers. Un peu comme si j’étais de l’autre côté de moi-même. J’ai donc pivoté sur mon axe longitudinal pour chercher où était la trappe... Je la découvris, grâce aux rivetages de plomb. A l’intérieur de ce Proxi, pas de lumière... Le commutateur devait être situé près d’un réseau filamentaire, je le cherchais à tâtons. Si la disposition était identique à l'autre Proxi, il devait être sur une paroi virtuelle. Manque de chance, je me suis cogné aux armatures du filament. Une étincelle ! Quelle idée, ils auraient pu trouver moyen plus simple afin d’éclairer. J'espérais n’avoir rien endommagé, mais je n’eus guère le temps de vérifier. Si seulement Hime-Chan avait fait un peu attention aux liens qu'elle avait insérés. Mais le problème n’était pas de cet ordre, l’ombre, elle se propageait à mes côtés. Je m’écriais « Qui est là ? », comme si dans un proxi il pouvait y avoir quelqu’un pour me répondre. Pourtant, j’étais certain qu'il y avait une présence, tout près de la moelle épinière. Et je le suis encore. Comment fut-il possible qu'il y ait ici autre chose qu’un Paddle Boat ? La trappe avait été refermée et afin de pouvoir m'échapper de ce Proxi, je devais dénicher un nouvel accès. A force de tourner et tourner sur moi-même, à la façon d’un phare à occultations, j’ai fini par en découvrir un. Opaque, mais un accès quand même. Je pris le temps de m’excuser pour mon impertinence auprès du Paddle Boat, expliquer que je ne faisais que passer. Je concluais par « Bien le bonjour chez vous.. ». Une fois à l’extérieur du Proxi, j’introduisis une ligne de code afin de rendre de la cohérence à mon bathyscaphe. Pour un bâtiment de ce type, peu de temps furent nécessaire à sa matérialisation. Malheureusement, elle eut lieu au beau milieu d’un nœud d’ondulation. J’y grimpais tout de même pour y prendre place. La nausée s’empara de mon estomac tout en m’éloignant de ce Proxi trop peu structuré, et peut-être à l’abandon. Un proxi du type Squid, a Wandering Squid. Wandering, vous savez ce que ça veut dire ? Pas moi ! On devrait toujours faire attention au type du Proxi auquel on s’affile. Et apprendre l’anglais !

Prochaine chronique : une rencontre

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30 juin 2018

J’ai beau secouer la lucarne en tous sens…

lucarnavalJ’ai beau secouer la lucarne en tous sens…

Un coup à droite, puis de haut en bas. Rien, pas l’ombre d’une ouverture pour m’y pencher et vous y trouver. La nuit, les étoiles, une étoile filante, tout y est. Alors, que faire d’autre ? Fermez les yeux en espérant le sommeil et priez pour le retour de la lucarne…

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29 juin 2018

Pauvre pauvre voyageur

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Interlude

Il boit plus que de raison, le coma éthylique le guette. Je le surveille, mais il échappe à ma vigilance. Il profite de mon sommeil pour aller visiter d’obscurs endroits que la crainte d’une répression féroce, me fait nommer : Le Réseau. Vous, qui passez ici, aidez-moi, épiez-le, écoutez ses mensonges, et rapportez-les sans failles aux grandes oreilles qui scrutent notre monde. Par retour, je saurai attraper l’animal et s’il est trop saoul pour me rejoindre, je le réprimanderai. Pendant que vous tentez de le localiser, je m’en vais cacher ses maudits litrons, ou bien les vider dans l’évier. Que ce picrate épais et suri, s’en aille encrasser les canalisations. Je voudrais pouvoir dormir un peu. Que mes yeux se ferment, que le silence de la nuit, retombe sur ma conscience. Surveillez, mes amis et dénoncez ce vagabond que je m’en saisisse dès la fin de ma noctambule randonnée, dès que la gardienne des songes me ramènera à la réalité journalière. De celle qui défile en rangs serrés juste au-dessous de ma fenêtre. Merci, ami dénonciateur.

 


 

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04 juin 2018

Qui suis-je pour critiquer…

Qui suis-je pour critiquer...

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Il n’est point l’habitude ici, de faire la critique de livre que j’ai l’outrecuidance de parcourir. D’abord, parce que ce n’est pas l’objet de ce site et surtout parce que, comme cela est judicieusement expliqué dans le titre de ma chronique : Qui suis-je pour critiquer ?

Qui suis-je pour juger d’un livre dont j’ai grand-peine à imiter la rigueur ainsi que la qualité de l’écriture ?

Qui suis-je aussi pour aller dire qu’il ne m’a pas plu ?

Heureusement pour notre auteure, par ailleurs une amie chère, personne ne lit mes chroniques. A peine quelques âmes charitables qui me prennent en compassion, ou bien qui ont peur, qu’à force de n’être point lu, je finisse héroïnomane, et que l’overdose me guette. Je tiens à les rassurer tous - un ou deux lecteurs à l’heure qu’il est, répartis sur un mois, j’entends - l’idée même de m’injecter quoi que soit dans les veines me rend fou.

Bref, Claude adorée, je n’ai pas aimé votre ouvrage et me voici fort marri avec ma chronique ridicule. Il ne me reste plus qu’à espérer, à prier les dieux, à souhaiter une coupure soudaine de l’électricité, afin que nul ne tombe sur ces mots idiots.

Heureusement, je suis un piètre écrivain et je pense que mes lecteurs jugeront mon point de vue à l’aune de ma disgrâce auprès de la muse qui me taquine du côté des mots.

Vous me direz avec justesse, à quoi sert une chronique dont l’objet est de ne pas être lue ? A rien ! Justement, et c’est là mon but.

Si pourtant elle existe, c’est à cause de Jean-Yves, un autre ami très cher, lequel m’a expressément demandé de parler du livre de sa belle mère, sans trait d’union ! Ceux qui connaissent Claude Pujade Renaud et ses autres récits, comprendront. Autres récits au demeurant fort beaux et magnifiques dont je ne saurais que conseiller la lecture.

… ou alors, c’est d’entrer ainsi dans l’intimité de ces deux écrivains, dont l’un est le père de l’ami sus-cité - quoique quelquefois l’ami m’exaspère quelque peu, ami, ennemi, il doit y avoir une étymologie commune cachée  - donc cette intimité, ce déshabillage de l’âme, où le pudique croit céder devant la retenue, m’a mis sans dessous dessus. Peut-être aussi cette écriture du quotidien qui dépeint crûment la misère. Cette camarde de tous les jours qui embrasse tendrement sur les deux joues, arrachant mâchoire et dentition, jusqu’aux ligaments, pour ne laisser qu’un trou d’avalement. Entrée et sortie pour une orifice commun ! De surcroît, pour notre plus grand bonheur - mais bonheur et malheur ont aussi une étymologie commune, cette fois, bien apparente - elle fait partie de ces auteures - j’emmerde le masculin quand il l’emporte sur le féminin ! - qui écrivent si bien. Voilà, peut-être ici, énoncée la raison de mon désamour, Claude, tu m’énerves prodigieusement !

Bref, je m’arrête là, mais tiens absolument à ajouter une conclusion à mon propos : Mon Dieu qu’il est dur d’être écrivain, et sur cette souffrance, seulement, je peux rivaliser avec elle.

Une dernière réserve, on m’avait promis qu’on parlerait de moi dans ce livre. J’imaginais à peine un paragraphe, une occurrence parmi le flot des mots, ou une présentation descriptive, afin que le lecteur attentif puisse se faire une idée de ce banlieusard que l’école a martyrisé à langueur d’encrier. Non, pas une occurrence, ni un paragraphe, ou encore un chapitre, mais un livre entier. Tout un pan de ma vie étalé devant mes yeux. Claude c’est beaucoup trop, je ne peux que refuser ce cadeau empoisonné et en guise de remerciement, je t’écris cette chronique assassine pour remettre les compteurs à zéro !

 

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